Communiqué de presse relatif à l'attaque de Bangui

Publié le par François Mbolidi

Communiqué de presse relatif à l'attaque de Bangui

Les événements dramatiques qui se déroulent en ce moment à Bangui donnent la nausée. D'abord parce que la violence à l'oeuvre produira encore son lot de drames, de morts, de familles brisées et d'orphelins. Que le peuple, encore, paiera le lourd tribu de l'ambition et de la prédation de quelques uns. Ensuite, parce que tout porte à croire que la colère légitime du peuple, à l'encontre de la voyoucratie Séléka, est en passe d'être instrumentalisée, vampirisée. Par certains qui, dans l'ombre, attendent le chaos pour prospérer, ne s'épanouissant que dans le sang et le pillage. Par d'autres, experts du double jeu, qui donnent d'une main ce qu'ils arrachent de l'autre... La présence avérée des déchus du Bozizisme dans cette nouvelle manche du drame, le rôle trouble de certains éléments étrangers jouant sur tous les tableaux et sur tous les fronts, donnent la nausée. Et inquiètent. A l'heure où la résolution de l'ONU - appuyé sur le chapitre 7 de la Charte autorisant le recours à force - entre en vigueur, comment ne pas s'alarmer du manque d'informations, logique, de ceux qui aspirent à jouer le rôle de pacificateur. La France au secours de la République Centrifricaine ? Oui, trois fois oui, quand nos frères africains nous laissent trop seuls face à l'adversité. Mais quid du processus politique ? Sans processus politique, sans recul pour envisager maintenant ce que nous ferons de demain, sans s'avouer que la situation est complexe, imbriquée, africaine, point de salut. J'appelle ici à la démission immédiate du Conseil National de Transition (CNT) ou, si ce dernier ne s'y résignait pas, à sa mise à l'écart forcé du pouvoir par les forces de maintien de la paix, sans possibilité pour eux - et pour tous les membres du gouvernement associés à ce pouvoir disqualifié - de pouvoir jouer quelque rôle que ce soit dans le processus politique à venir. Dans le même mouvement, je demande aussi au peuple centrafricain, milices anti-balaka en tête, de déposer les armes. Je sais que ces patriotes sauront ne pas verser dans le cycle infernal de la vengeance sans fin. N'oublions rien, mais ne sombrons pas dans la même férocité que nos adversaires. La Séléka est en passe d'être balayé par l'Histoire. Ne faisons pas payer aux musulmans de notre pays, nos frères avec lesquels nous avons toujours vécu en bonne harmonie, le prix de la haine que nous inspire ces voyous. Rien ne serait pire que cela. La Séléka, le bozizisme affairiste, les forces obscures tapies à certaines de nos frontières auraient alors gagné. Ne leurs faisons pas cet "honneur" paradoxal. Centrafricains, centrafricaines, montrons au monde que le courage est parfois dans le refus du combat. Ce message de Boganda a fondé notre nation. Il doit en être aujourd'hui l'acte de notre rennaissance.

Paris le 5 Décembre 2013

Professeur Gaston Mandata N’GUEREKATA

Président du Parti pour la Renaissance Centrafricaine (PARC)

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