Lettre ouverte à Michel Djotodia

Publié le par François MBOLIDI

Lettre ouverte à Michel Djotodia

Réf : 28-08-13/004/LET/PR/

Le 28 Août 2013

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR MICHEL DJOTODIA, CHEF DE L'ETAT DE TRANSITION

En dépit de nombreux appels en faveur de la sécurité des populations civiles sur toute l'étendue du territoire national, Séléka, votre organisation, persiste dans les actes les plus odieux contre les enfants, femmes et hommes sans défense.

Dans l'arrière-pays, votre méthode de gouvernance fondée sur la barbarie des seigneurs de guerre, a fait fuir les populations dans la brousse où celles-ci sont à la merci des animaux sauvages et autres maladies.

La capitale Bangui est devenue le théâtre du jamais vu. Les attaques de ces derniers jours contre les quartiers Boy-Rabe et Boeing ont provoqué, entre autres lieux de cultes et hôpitaux, l'occupation du tarmac de l'aéroport de Bangui-M'Poko par des milliers d'hommes, femmes et enfants en quête de protection, terrorisés par la violence de ces attaques et les exactions systématiques qui s'en suivent.

Comme votre prédécesseur, vous êtes devenu totalement autiste et plus sanguinaire à jamais, seulement cinq mois après votre prise de pouvoir par la force des armes. Les violences récurrentes contre ce paisible peuple ont fait de vous et de votre organisation, le danger public numéro un et par voie de conséquence l'ennemi public numéro un. Vous avez irrémédiablement raté votre rendez-vous avec ce peuple martyr dont vous prétendiez vouloir atténuer la souffrance. Dans un climat quasi-insurrectionnel, votre démission est désormais réclamée par tous, à cor et à cri.

Le Conseil National pour la Renaissance Centrafricaine - Finî Bêafrîka (CNRC-FB) condamne avec la plus grande fermeté les actes odieux perpétrés par les criminels de Séléka contre les populations civiles sans défense. Le CNRC-FB adresse ses condoléances les plus attristées et sa compassion aux familles des victimes.

Le CNRC-FB considère une fois de plus, que la période de transition sous sa forme actuelle, avec ses grands acteurs, n'est plus tenable au regard du calvaire que vivent les populations civiles centrafricaines. Par la voix de son Président, le CNRC-FB réitère son appel à la démission immédiate du Chef de l'Etat de Transition et de l’ensemble de son gouvernement. Le CNRC-FB demande par ailleurs le désarmement sans condition des rebelles de Séléka, organisation illégale et criminelle, et la traduction devant les tribunaux des présumés auteurs des crimes et exactions.

Enfin, nous demandons aux membres du Conseil National de Transition, d’assumer leurs responsabilités devant l’histoire face à la descente aux enfers de notre chère patrie.

Professeur Gaston Mandata N’Guérékata

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